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Pourquoi est-ce si difficile de quitter une relation qui ne nous rend plus heureux ? (Cabinet psy Paris 10)

14 sept.
3 min de lecture

Il arrive que l’on sache, au fond de soi, qu’une relation ne nous convient plus. Que quelque chose s’est éteint, que l’on ne se sent plus soi-même, que les mêmes difficultés reviennent encore et encore. Et pourtant, partir peut sembler presque impossible.


On peut continuer à espérer que les choses changent, se rappeler les bons moments, avoir peur de regretter, de faire du mal à l’autre ou de se retrouver seul(e). On peut même se demander : « Si je suis malheureux(se), pourquoi est-ce que je n’arrive pas simplement à partir ? »


La difficulté à quitter une relation ne signifie pas nécessairement que l’on souhaite y rester. Elle peut simplement témoigner de tout ce qui nous attache à cette relation.


Parce qu'une relation ne se résume jamais à ce qui ne va pas


Même lorsqu'une relation nous fait souffrir, elle peut aussi nous apporter de l'affection, des souvenirs, des habitudes, un sentiment de sécurité ou une certaine stabilité. Quitter signifie alors perdre quelque chose, même lorsque l'on sait que cette perte peut être nécessaire.


Il est possible d'aimer quelqu'un et de savoir que la relation ne nous convient plus. Il est possible d'être attaché(e) à une personne tout en ayant besoin de s'en éloigner. Ces contradictions peuvent être difficiles à accepter. On aimerait parfois ressentir une certitude absolue : « Je ne l'aime plus, donc je pars. »

Mais les émotions sont rarement aussi simples.


Parce que l'on peut avoir peur de regretter


Et si je faisais une erreur ? Et si je ne retrouvais jamais quelqu'un ? Et si, finalement, les choses pouvaient s'arranger ? Ces questions peuvent maintenir longtemps dans l'indécision.


Lorsque l'on connaît une situation, même insatisfaisante, elle peut sembler moins effrayante que l'inconnu. Partir signifie alors faire un pas vers quelque chose que l'on ne connaît pas encore. Il n'est pas nécessaire d'être certain(e) de l'avenir pour reconnaître que quelque chose, aujourd'hui, ne nous convient plus.


Parce que l'on peut porter la responsabilité du bonheur de l'autre


Certaines personnes ont beaucoup de mal à supporter l'idée de faire souffrir quelqu'un. Elles peuvent penser : « Il/elle compte sur moi. »« Je vais lui faire du mal. »« Après tout ce que nous avons vécu, je ne peux pas partir. » La culpabilité peut alors prendre beaucoup de place.


Pourtant, rester dans une relation uniquement parce que l'on se sent responsable des émotions de l'autre ne permet pas nécessairement de construire une relation plus juste ou plus heureuse. La séparation peut faire souffrir. Mais la souffrance liée à une séparation n'est pas forcément le signe que la décision est mauvaise.


Parce que l'on peut s'être habitué(e) à mettre ses besoins de côté


Dans certaines relations, on apprend progressivement à s'adapter : éviter les conflits, faire plaisir, attendre le bon moment, relativiser ce que l'on ressent.

À force, il peut devenir difficile de savoir ce que l'on veut vraiment. On peut alors se demander :

« Est-ce que je suis réellement malheureux(se), ou est-ce que j'en demande trop ? »,

« Est-ce que mes attentes sont légitimes ? »

« Est-ce que je devrais simplement faire davantage d'efforts ? »


Parfois, la question n'est pas seulement « Est-ce que cette relation est bonne pour moi ? », mais aussi : « Est-ce que je m'autorise à prendre en compte ce que je ressens ? »



Quitter ne demande pas toujours de ne plus aimer


Une séparation n'arrive pas nécessairement parce que l'amour a complètement disparu. Parfois, elle arrive parce que la relation telle qu'elle existe ne permet plus à chacun de trouver sa place, de se sentir libre, entendu ou vivant. On peut ressentir de l'amour, de la tendresse, de la gratitude… et malgré tout choisir de partir.


Il n'y a pas toujours une raison spectaculaire. Parfois, il y a simplement la sensation répétée que quelque chose n'est plus juste pour soi.


Et si la vraie question était : « De quoi ai-je besoin aujourd'hui ? »


Lorsque l'on est pris dans l'ambivalence, chercher immédiatement une réponse définitive peut être épuisant. Il peut être plus utile de revenir à soi :

  • Comment est-ce que je me sens dans cette relation, au quotidien ?

  • Est-ce que je peux être moi-même ?

  • Qu'est-ce que cette relation m'apporte ?

  • Qu'est-ce qu'elle me demande de sacrifier ?

  • Qu'est-ce que je ressens lorsque j'imagine rester ?

  • Et lorsque j'imagine partir ?

  • De quoi ai-je peur ?

  • Qu'est-ce que j'espère encore ?


Comprendre ce qui se passe en soi peut déjà permettre de sortir progressivement de la confusion.


Un accompagnement thérapeutique peut offrir un espace pour explorer cette ambivalence, sans avoir à choisir immédiatement entre rester et partir. Il peut permettre de retrouver un contact plus clair avec ses émotions, ses besoins et ses limites.

 
 
 

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