Addiction aux écrans : quand le téléphone devient difficile à poser (Cabinet psy Paris 10)
- camillebensidpsy
- 4 juin
- 3 min de lecture
Vous avez ouvert votre téléphone sans vraiment décider de le faire. Vous avez refermé une application pour en ouvrir une autre, puis la première à nouveau. Vingt minutes ont passé. Vous ne savez pas trop ce que vous avez vu. Ce scénario, vous le reconnaissez peut-être. Peut-être même qu'il se répète plusieurs fois par jour. Et peut-être qu'une partie de vous aimerait que ce soit différent.
L'addiction aux écrans est un sujet récent, encore débattu dans les classifications cliniques. Mais la réalité de la souffrance qu'elle génère, elle, est bien concrète.
Ce que l'on appelle addiction aux écrans
Le mot "addiction" est fort — et parfois trop vite utilisé. On ne parle pas d'addiction chaque fois qu'on passe du temps sur son téléphone ou ses réseaux sociaux. Ce qui caractérise une dépendance comportementale, c'est la perte de contrôle. Non pas l'usage fréquent, mais l'incapacité à s'arrêter quand on le souhaite. L'impression que le comportement s'impose, même quand on en voit les effets négatifs.
Pour les écrans, cela peut ressembler à :
• Regarder son téléphone de façon automatique, plusieurs dizaines de fois par jour, sans intention consciente
• Ressentir de l'anxiété ou de l'agitation quand on ne peut pas accéder à son téléphone ou aux réseaux
• Passer beaucoup plus de temps en ligne qu'on ne le prévoyait, régulièrement
• Constater que ça empiète sur le sommeil, les relations, le travail — et ne pas réussir à changer
• Utiliser les écrans pour éviter de ressentir quelque chose d'inconfortable

Pourquoi c'est si difficile de s'arrêter
Les plateformes numériques ne sont pas neutres. Elles sont conçues pour capter l'attention et la retenir — via des mécanismes qui activent les mêmes circuits neurobiologiques que d'autres formes de dépendance.
Le système de récompense variable est central : on ne sait jamais ce qu'on va trouver en scrollant, et cette imprévisibilité est précisément ce qui rend le geste si compulsif. Une notification, un like, un contenu surprenant — chaque fois, une petite décharge de dopamine. Et le cerveau en redemande.
Avec le temps, le seuil de stimulation s'élève. Il faut plus pour ressentir la même chose. Et le silence, l'ennui, la solitude — des états pourtant ordinaires — deviennent de moins en moins tolérables.
Ce n'est pas une question de volonté. C'est une question de neurobiologie, et de ce que le comportement remplit dans la vie de la personne.
Ce que les écrans viennent souvent réguler
C'est peut-être la question la plus importante : à quoi sert le téléphone, au-delà de ses usages pratiques ? Très souvent, l'usage excessif des écrans est une forme de régulation émotionnelle. On se connecte pour ne pas ressentir quelque chose — l'ennui, l'anxiété, la solitude, une pensée difficile qu'on ne veut pas laisser venir.
Le téléphone fonctionne alors comme un évitement. Efficace à court terme — on ne ressent pas ce qu'on voulait éviter. Mais à long terme, ça renforce l'idée que ces émotions sont insupportables, qu'on ne peut pas les traverser sans s'en détourner.
Et tout ce qui a été évité finit par s'accumuler.
Les effets sur la vie quotidienne
L'addiction aux écrans ne reste que rarement sans conséquences. Parmi les plus fréquentes :
• Sur le sommeil : la lumière bleue, la stimulation cognitive, et le simple fait de regarder son téléphone au lit perturbent l'endormissement et la qualité du sommeil
• Sur la concentration : la fragmentation constante de l'attention modifie durablement la capacité à se concentrer longtemps sur une tâche
• Sur les relations : être présent physiquement mais mentalement ailleurs ; des tensions liées au temps passé sur les écrans
• Sur l'image de soi : la comparaison permanente avec les contenus des réseaux sociaux peut alimenter des sentiments d'inadéquation, d'envie, de vide
• Sur l'humeur : doomscrolling, exposition à des contenus anxiogènes, sensation de temps perdu — tout cela a un coût émotionnel réel
Ce que la thérapie peut apporter
Réduire son temps d'écran par la seule force de la volonté ou l'aide d'applications dédiées fonctionne rarement sur la durée — parce que ça ne touche pas à ce qui se passe en dessous.
En thérapie, le travail peut porter sur plusieurs niveaux :
• Comprendre ce que le comportement vient réguler — quelles émotions, quels besoins, quels évitements
• Trouver progressivement d'autres façons d'être avec soi-même — des façons qui ne passent pas par la fuite
• Reconstruire une relation à l'ennui, au silence, à la solitude, sans que ce soit menaçant
L'objectif n'est pas de supprimer les écrans de sa vie. C'est de retrouver la liberté de choisir quand on les utilise — et de pouvoir poser le téléphone quand on le décide.
👉 Si vous sentez que votre rapport aux écrans vous pèse, je vous accueille dans mon cabinet à Paris 10e, proche métro République. N'hésitez pas à me contacter pour un premier rendez-vous.



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